Jakub Effenberger

 

Jakub Effenberger  ·  République Tchèque · Czech Republic

web site: http://jeff-jenec.cz

Mes périples photographiques m’emmènent presque toujours au-delà du rideau du temps, où les choses, à l’origine créées par l’homme sans doute dans un but rationnel, trouvent une nouvelle signification et acquièrent une nouvelle identité. Dans un processus de transmutation permanent je découvre des histoires qui ne sont pas sans évoquer les récits de leurs protagonistes humains, avec tous leurs aspects et symboles ésotériques, mais aussi avec un humour intérieur émanant de leur communication réciproque, tout à fait semblable aux discours des communautés dites sémillantes.

Le temps libère les fantômes et les spectres emprisonnés de longue date sous l’enduit couvrant les lézardes des murs et les laisse parler à quiconque est disposé à les écouter. Sfax et sa Médina sont la source même de tels événements. La ville n’est pas à ce jour prisonnière de l’industrie touristique, où le pittoresque s’expose au prix de la perte d’identité. Elle est encore un organisme grouillant de vie qui n’est pas pris de panique dès que quelqu’un regarde dans ses entrailles. Au contraire. Elle expose fièrement, et à juste titre, ses viscères au grand jour. Pour l’instant. Malheureusement, il semble évident que l’époque viendra où la main rageuse du monétarisme sauvage suturera cette plaie imaginaire avec des barbelés en faux or. Où est par exemple le Prague de Gustav Meyrink et de Franz Kafka ? Dans des mains russes qui vendent aux touristes américains des contrefaçons chinoises d’épées japonaises. On ne peut imaginer que la Médina puisse connaître un autre sort. Mais, pour l’instant, elle vit.

Bien que je ne joue généralement pas le jeu du collectif, je dois reconnaître que la mission photographique commune en Tunisie m’a beaucoup apporté. D’abord parce que la rencontre avec d’autres photographes représenta une rafraîchissante confrontation de points de vue, non seulement sur le centre d’intérêt lui-même – Sfax et sa Médina –, mais aussi sur la photographie en tant qu’activité créative.

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My photographic excursions usually aim behind the curtain of time where things, originally created by man perhaps for a rational purpose, find new significance and take on a new identity. In the permanent process of transmutation I find stories not unlike the stories told by their human counterparts with all the esoteric aspects and symbols, as well as with internal humor that derives from their mutual communication by analogy to the expressions of living societies.

Time frees the phantoms and ghosts that had been for so long imprisoned under the plaster in the joints of walls allowing them to speak to whoever is willing to listen. Sfax and its Medina is a direct source of such creative, accidental meetings. It is not yet hemmed in by the vise of the tourist industry, where the scenic is bought out at the cost of identity. It is still a living organism without the panic fear that someone will peak under its skin. For the time being. Unfortunately, it is quite obvious that the era, in which the furious hand of indiscriminate monetarism will tie up this imaginative crack with the bob wire made of fools gold, will materialize one day. Where, for example, is the Prague of Gustav Meyrink or Franz Kafka? In Russian hands that sells Chinese knockoffs of Japanese swords to American tourists. It is not reasonable to assume that the Medina will be spared this destiny. However, for now it is full of life.

I have to say, even though I am not a typical team player, I gained a great amount of experience during my photo mission to Tunisia. Especially meeting other photographers was amazing; their points of view, not only at the main topic Sfax and the Medina, but their general experience and vie at photography as an art itself.

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