Duarte Belo

Duarte Belo  ·  Portugal · Portugal

web site: www.duartebelo.com

Envoûtement et opacité

Dimanche, fin de matinée. Au milieu d’une marée humaine, nous parcourons les rues étroites de la Médina de Sfax. C’est le premier contact. Le lendemain, nous y retournons. Les rues sont désertes. Presque tous les commerces, les boutiques et les petits ateliers sont fermés. Le contraste entre ces deux premiers moments est extrême.

Les jours suivants, nous y retournons pour, lentement, entrer dans un labyrinthe qui, en crescendo, s’intensifie dans un immense détail, dans une profusion de particularités apparemment incontrôlée. L’image que nous allons construire est celle d’un monde archaïque, isolé de l’univers environnant par de puissantes murailles qui, d’antan, recevaient les ondes de la Méditerranée ou les vagues envahissantes de peuples lointains.

Un commerçant parle au téléphone, un tisserand s’affaire sur le métier. Un homme exhibe un coutelas, comme pour énoncer l’immanence d’un crime ou l’ironie du pouvoir perdu.

Il y aurait une attente permanente dans ce jeu du temps et de l’espace, d’inconciliables qui là demeurent, dans les empreintes laissées sur des objets longtemps utilisés. Le lieu semble être enveloppé d’un temps suspendu, mais il y a une tension latente qui semble annoncer un futur opaque et imprévisible.

Traduction: Giuseppe Sergio Pecoraro

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Bewitchment and Opacity

Sunday, end of morning. In the middle of a sea of people, we walk the narrow streets of the  Medina of Sfax. It is the first contact. The next day, we go back. The streets are empty. Almost all the businesses, the boutiques, the workshops are closed. The contrast between those two first moments is extreme.

The next days, we go back to, slowly, enter a labyrinth which, en crescendo, intensifies in immense detail, in a profusion of apparently uncontrolled particularities. The image that we will built is that of an archaic world, isolated from the surrounding universe by strong fortress walls which, long ago, received the waves of the Mediterranean sea or the invasive swarms of faraway people.

A shopkeeper speaks on the phone, a weaver sets himself to his loom. A man exhibits a knife, as to enunciate the immanence of a crime or the irony of lost power.

There would be a permanent wait in this game of time and space, irreconcilables which persist, in the footprints left on objects used for long. The place seems to be enveloped in suspended time, but there is a latent tension, which seems to announce an opaque and unpredictable future.

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