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_ LE PROJET SFAX

PRÉSENTATION · INTRODUCTION

par le Commissaire / by the Curator  ·  Juan Angel de Corral

APPROCHANT LA PORTE. LA CONSTRUCTION D’UN PONT.

Pour la Première Résidence Euromaghrébine de Photographes, célébrée à Sfax, en Tunisie, nous avons eu des photographes venant de tous les pays de la région du Maghreb, ainsi que de nombreux pays européens. Nous avons une extraordinaire variété de points de vues. Ces photographes sont devenus les bâtisseurs d’un pont sur la Méditerranée, un pont construit sur ​​les fondements de la perception artistique, un pont de compréhension qui repose sur un objectif commun.

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APPROACHING THE DOOR. THE BUILDING OF A BRIDGE.

For the First Euro-Maghreb Residence of Photographers, celebrated at Sfax, Tunisia, we counted with the presence of photographers coming from all countries from the Maghreb area, as well as many European countries. What we had is an extraordinary variety of points of view. These photographers became builders of a bridge over the Mediterranean, a bridge built upon the fundaments of artistic perception, a bridge of understanding created with a shared goal.

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COMME LES PORTES QUI S’OUVRENT. LE DÉFI.

Le défi était de produire un important corpus de travaux en seulement quatre jours, ce qui était la durée de la Résidence. Compte tenu du fait que la plupart des participants n’ont jamais été à Sfax ou dans n’importe quelle autre Médina, cela représentait un défi, et pas le moindre.

La solution la plus simple aurait été de se limiter à l’aspect purement anecdotique, superficiel, «exotique», «folklorique» et coloré sans chercher à aller plus loin. C’est la bonne façon de produire une “photo sympathique”. Mais une “photo sympathique ” n’est pas de l’art. Ca ne représente aucune ambition artistique.

Il est difficile de gratter cette réalité apparente et de transpercer la futilité pour trouver un cœur de significations.

Être possédé par une ambition artistique est comme se plonger dans le monde des apparences et en sortir avec une histoire significative racontée dans la langue de la lumière et de l’ombre, de la couleur et de la texture, de la géométrie ou de l’anarchie, de présences ou d’absences, de passions, de chaleur humaine, de l’espace et du temps.

Pour ce faire, une histoire doit être racontée avec un appareil photos et toutes les techniques et la postproduction que l’artiste juge nécessaire. Ils sont les clés qui ouvriront les portes de la perception.

Méthodologie: en soi, il n’y a pas de bonnes ou mauvaises techniques, il n’y a pas de la photographie numérique par opposition à l’argentique, il n’y a pas de combat entre le noir & blanc et la couleur pour la suprématie sur l’Olympe des mythomanes et il n’y a pas de dilemme entre la postproduction et la virginité. Tout ça, c’est un débat artificiel et dépassé. Les techniques photographiques et numériques sont l’orthographie, la syntaxe et la prosodie de la langue d’un photographe. Les connaître et les utiliser adéquatement est commencer à parler avec clarté.

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AS DOORS OPEN. THE CHALLENGE.

The challenge was to produce a significant body of work on only four days, which was the duration of the Residence. Given the fact that most of the participants never have been at Sfax or even at any Medina wherever it could be, this is not a small challenge.

The easy way, especially on the Medina, is to remain on the purely anecdotic, the superficial, the “exotic”, the “folkloric” and the “colourful” without attempting to go beyond that. This is the way to produce a “nice photo”. But a “nice photo” is not ambitious enough.

It is hard to scratch that apparent reality, to dent triviality and find a core of significance.

To be possessed by an artistic ambition is to dive into that world of appearances and come out with a meaningful story told in the language of light and shadow, of colour and texture, of geometry or anarchy, of presences or absences, of passion, of human warmth, of space and of time.

For that purpose, a story has to be told with a camera and whatever techniques or postproduction the artist deems necessary. They are the keys that will open the doors of perception.

Methodology: I think that on its own, there are no good or bad techniques, there is no digital photography as opposed to conventional film, there is no black & white quarrelling with colour for supremacy on the Olympus of mythomaniacs and no dilemma between postproduction and virginity. All that is an artificial and stale debate. Photographic and digital techniques are the orthography, the syntax and the prosody of the language of a photographer. To use them adequately is to begin to talk with clarity.

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UN LABYRINTHE DE PORTES OUVERTES.

La Médina est une vieille solution urbaine bien prouvée. Les remparts qui l’entourent la protègent et la défendent de l’extérieur. Elle procure un environnement bien ordonné sur la base d’une planification efficace de l’espace urbain où les zones commerciales, la place du marché et les quartiers d’habitation ont leurs propres espaces bien définis. Pendant les étés chauds, elle offre un contrôle efficace de la température en raison de ses rues étroites qui permettent d’éviter l’ensoleillement direct et proposent un approvisionnement suffisant en eau, à travers son réseau de puits.

Paradoxalement, sur cet espace très peuplé, la Médina garantie une vie privée absolue car chaque maison est une unité bien agencée qui s’ouvre sur son propre patio central et est  fermée à la rue. Pour entrer dans la Médina, vous devez traverser la porte des remparts, et pour rentrer dans la vie quotidienne de ses habitants, vous devez franchir les portes de leurs maisons. La Médina est un labyrinthe de portes concentriques.

J’ai choisi une symbologie de portes et de clés pour articuler ce livre. Une porte est toujours un défi, un point d’interrogation. De l’autre côté de la porte, nous sommes obligés de faire face à l’inconnu et l’inattendu. Il s’agit d’une proposition pour l’aventure. Elle demande une décision, un pas en avant. Elle exige de la détermination et de l’intrépidité. Traverser la Porte est l’essence créatrice et la force motrice de l’humanité, la volonté de progresser, la dissolution des superstitions, la chute des totems, l’origine de la science.

Visiter cette Exposition c’est ouvrir la porte de la Médina, des maisons, des cœurs et des aspirations de ses habitants. Pour ouvrir toutes ces portes, on nous fournit des clés: des pensées-clés, des clés de compréhension, les clés de petits secrets.

L’Exposition doit être considérée aussi comme un voyage au-delà des apparences, un rapprochement à tous les sfaxiens anonymes dont la vie quotidienne se déroule le long des rues étroites et animées de la Médina, comme le sang qui nourrit un tout organique. C’est un hommage aux gens qui travaillent dur et qui nous ont donné les clés de leurs maisons et de leur mode de vie.

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A MAZE OF OPEN DOORS.

The Medina is an old and well-proven urban solution. It provided safety from the exterior by being surrounded and defended by ramparts. It provides a well-ordered environment by having an efficiently planned urban space where the commercial areas, the market place or the living quarters have their own well defined allotted spaces. In the hot summers, it provides an effective temperature control due to its narrow streets that avoid direct sunlight and offers a reasonable water supply through its network of wells. Paradoxically, on that densely populated space it guaranties and absolute privacy as every house is a well-distributed unit only open to its own central patio and closed to the street. To enter the Medina you cross the gate of the ramparts and to go into the real lives of its inhabitants, you have to cross the gates to their homes. A maze of concentric gates and doors.

That is why I have chosen a symbology of doors and keys to articulate this Exhibition. A gate is always a challenge, a question mark. To the other side of the gate we are obliged to face the unknown and the unexpected. It is a proposition for adventure. It demands a decision, a step forward. It requires determination and fearlessness. Crossing the Door is the creative essence and driving force of humanity, the will to progress, the dissolution of superstitions, the fall of totems, the origin of science.

To visit this Exhibition, we have to open the doors of the Medina, of the houses, of the hearts and aspirations of its inhabitants. To open all these doors, we are provided with keys: key thoughts, keys of understanding, keys to small secrets.

The Exhibition has also to be regarded as a voyage beyond appearances, coming closer to all those anonymous sfaxians whose daily lives run along the busy narrow streets of the Medina as the blood that feeds an organic whole. It is a tribute to people that work hard and that gladly gave us the keys to their homes and to their way of life.

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À NOS YEUX.

A nos Yeux est un projet contenu dans LE PROJET SFAX. L’idée est de créer deux grandes mosaïques de photographies qui seront placées face à face. L’une de ces mosaïques montre des hommes vus par les femmes d’une manière conceptuelle. La mosaïque opposée montre les femmes vues par les hommes. Les femmes regardent les hommes, les hommes regardent les femmes.

Qu’est-ce que les femmes voient conceptuellement des hommes? Comment elles les interprètent ? Comment les décrire avec un seul click de la caméra? Et comment les hommes visualisent la femme? Qu’est-ce qu’ils choisissent de dire sur les femmes? Parce qu’il y a toujours un choix, qu’il  soit conscient ou inconscient.

Comme ces deux mosaïques sont placées l’une en face de l’autre, ils deviennent des miroirs qui se donnent face et où les femmes regardent les hommes qui regardent les femmes, qui regardent les hommes regardant des femmes, qui regardent les hommes…

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À NOS YEUX.

À nos Yeux is a project contained inside LE PROJET SFAX. The idea is to create two great photographic mosaics that will be placed facing each other. One of these mosaics shows men as seen by women in a conceptual fashion. The opposite mosaic shows women as seen by men. Women regard men, men regard women.

What is it that women conceptually see of men? How they interpret them? How to describe them on a single shot? And how men visualize woman? What do they choose to say about them? Because there is always a choice, be it conscious or unconscious.

As these two mosaics are placed one in front of the other, they become facing mirrors where women look at men that look at women, which look at men looking at women…

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DES PORTES COMMUNICANTES.

L’essence de l’art est la communication. La volonté de communiquer est la force motrice des artistes. La communication pour transmettre une expérience. Les artistes partagent leurs passions, leurs perceptions et leurs visions avec leur travail. La communication est un besoin vital pour l’artiste. Et le processus de création est un mystère où l’artiste fait essentiellement des combinaisons d’éléments qui ont toujours été là, mais qui, dans certaines proportions et relations, révèlent quelque chose de nouveau et d’inattendu. C’est la différence. C’est notre objectif.

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COMMUNICATING DOORS.

The essence of art is communication. The will to communicate is the driving force of artists. Communication to convey an experience. Artists share their passions, their perceptions and their visions with their work. Communication is a vital need for the artist. And the creative process is a mystery where the artist basically makes combinations of elements that always have been there, but that in certain proportions and relations, reveal something new and unexpected. This is the difference. This is our aim.

Sfax Octobre 2013

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