Concha Pérez

Concha Pérez  ·  Espagne · Spain

web site: www.conchaperez.net

Caché (Hidden)

L’espace est un texte. Dans toutes leurs décisions pour construire l’espace: choix des matériaux, dimensions, éclairage, etc. les individus nous montrent leurs besoins et leur sensibilité. Les formes, l’architecture, sont un texte où nous pouvons lire le mode de vie de la personne qui l’habite, et également de celle qui le construit. Une fois que l’espace a été utilisé et abandonné nous pouvons aussi y lire quels sont les modes de vie qui ont remplacé ceux qui l’ont créé.

La vieille ville se cache derrière une série de murailles dans une succession de cercles concentriques: une porte conduit à une habitation qui conduit à une autre porte, qui conduit à une cour intérieure… qui conduit à une autre histoire, à une autre vie.

Des maisons forteresse, des chambres d’habitation autour d’une cour intérieure, une cour intérieure derrière la porte de la médina, invisible aux yeux du passant, aux regards étrangers.

Ces images nous projettent à l’intérieur de ce qui fut, dans la mémoire qui imprègne les murs, avec le regard du présent. Des formes d’intimité qui ont laissé la trace de ce qu’elles sont et de ce qu’elles furent, désorientant nos sens au fur et à mesure que nous pénétrons à l’intérieur, comme si nous nous trouvions dans un labyrinthe.

Un labyrinthe se définit comme un lieu formé artificiellement de rues et d’intersections destinées à confondre celui qui y entre et à l’empêcher de trouver la sortie.

 Parmi les différents types de labyrinthes mentionnés par Umberto Eco dans le prologue au Livre des Labyrinthes de Paolo Santarcángeli, seul celui où l’on trouve le Minotaure soulève le grand doute: Sortirai-je vivant ? Eco envisage toujours la possibilité du triomphe.   Il s’exprime dans des termes clairs. « …nous pouvons affirmer que toute la Pensée de la Raison, depuis la Grèce jusqu’au dix-neuvième siècle, s’est efforcée d’élaborer une Loi ou un Ordre destiné à réduire la complexité du Labyrinthe… D’une part la Rationalité qui prétendait réduire la complexité du Labyrinthe, d’autre part ce que l’on a appelé la Sagesse qui prétendait préserver intacte la complexité de l’Irrationnel. »

 Il ne fait aucun doute que ce n’est pas la possibilité de sortir qui est en jeu mais le chemin qui nous ouvre la possibilité d’accéder à d’autres lieux, parfois inimaginables. La possibilité de se perdre pour apprendre.

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Hidden (Cache)

Space is a text. People reveal their needs and sensitivity with any decision they make when building their spaces: the choice of materials, their dimensions, the lighting, etc.… Forms and architecture are a text in which we can read the way of life of those who inhabit it and of those who built it. Once those spaces have been used or abandoned we can equally read them, since other ways of life have replaced those for which they were generated.

The old town is hidden behind walls in a series of concentric circles: a door leads to a room, which leads to another door, which leads to a courtyard… which leads to another story, another life.

Fortified houses, rooms around a courtyard, courtyard behind the door of the Medina hidden from the eyes of passers by, hidden to prying eyes.

With these images we looked into what it was, we look into to the memory printed on the walls with the present look. Ways of intimacy that has left traces and that, as we enter, disorient our senses as if it were a labyrinth.

A labyrinth is defined as a place artificially created by streets and crossroads to confuse whoever enters it, so that they are no able to find the exit.

Among the various types of labyrinths that Umberto Eco mention in the prologue of “The book of the Labyrinths” of Paolo Santarcángeli, only in that in the Labyrinth of the Minotaur the great doubt arises: will I come out alive? Umberto Eco always retains the possibility of success. His words are enlightening: “… we can assert that all the tradition of Reason, from classical Greece to the nineteenth-century science, was proposed as the thinking of a Law or of an Order that should reduce the complexity of the Labyrinth… On the one hand Rationality, which aimed at reducing the complexity of the Labyrinth, on the other hand Wisdom, which was intended to preserve intact the complexity of the irrational.”

Undoubtedly the way out is not in question, but it is the road we choose that gives us the possibility of going to other places perhaps never imagined. The possibility of getting lost to be able to learn.

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